Améliorer la prestation des services de santé au Burkina Faso à travers le journalisme critique – l’expérience de la MFWA

A travers le monde, les médias sont reconnus comme indispensable à l’enracinement de la démocratie, à la promotion de la bonne gouvernance et de l’État de droit. Les médias, dans l’exercice de leurs mandats mènent des enquêtes qui révèlent des accords douteux ou des cas de corruptions dans l’octroi des marchés publics et tiennent les autorités et fonctionnaires gouvernementales responsables et redevables.

Souvent, pour ce qui est de telles initiatives journalistiques, les professionnels des médias font faces à nombre de défis, dont les contraintes financières.

Dans le but d’adresser ces limites financières et d’améliorer les reportages des médias ainsi que la demande de redevabilités des autorités gouvernementales, la MFWA a initié l’an dernier un projet qui fournit un appui financier aux journalistes pour la production et la publication de contenus médiatiques pertinents, indépendants et de qualités sur les questions de corruption, de transparence, de responsabilité et de prestation de services au Ghana, au Burkina Faso et au Sénégal.

Au Burkina Faso, plusieurs journalistes ont eu accès à l’appui financier et font des reportages sur des secteurs critiques tels que ceux de la santé et de l’éducation. Ces rapports ont incité les autorités gouvernementales à prendre des mesures clés pour résoudre les problèmes de santé identifiés et améliorer la prestation des services de santé dans plusieurs communautés du pays.

Par exemple, cet article produit par Hamidou Traore du bimensuel l’Evenement du Faso s’est concentré sur les difficultés auxquelles font face les patients victimes d’AVC en raison du nombre limité des scanners cérébraux non fonctionnels dans les hôpitaux régionaux publics. Le scanner cérébral en effet aide à déterminer le type d’AVC dont souffre un patient et, par conséquent, le traitement approprié. Quelques semaines après la publication de l’article, la direction de l’hôpital public de Yalgado a publié sur son panneau d’affichage une note de service indiquant que son scanner cérébral a été réparé et qu’un nouvel équipement de radiologie a été acquis par l’hôpital.

Un autre article produit par Nabaloum Abdel Aziz, journaliste aux Edition Sidiwaya, a attiré l’attention des autorités gouvernementales sur un établissement de santé abandonné dans le village de Vohogdhin, situé dans la province de Koulpelogo, au Burkina Faso. La construction de l’établissement avait été abandonnée pendant environ 12 ans, ce qui rendait difficile l’accès des citoyens de la province aux soins de santé. Les résidents de la province et des communautés avoisinantes devaient parcourir environ 20 à 30 km pour avoir accès aux soins de santé, ce qui  retardait l’accès à la prestation de soins de santé en temps opportun, ce qui a parfois entraîné des morts d’enfants.

Suite à la publication de Nabaloum, les responsables gouvernementaux se sont engagés à finaliser la construction de l’hôpital et à l’opérationnaliser d’ici début 2020. Dans un article de suivi, Nabaloum a indiqué que  les représentants du gouvernement ont de nouveau tenu des réunions de haut niveau avec le Fonds d’Investissement pour les Communautés Décentralisées (FICOD) afin d’accélérer le processus de financement pour que les travaux puissent commencer.

Ouoba Boukari, du Bi-mensuel Mutation, a produit un article qui a mis la lumière sur des cas présumés de corruption à l’hôpital de Dori dans la région du Sahel. L’article a révélé des cas où des médecins et d’autres professionnels de la santé soutirent des sommes d’argent supplémentaires aux patients avant de fournir des services de santé pour lesquels les patients avaient déjà fait les paiements requis à la caisse de l’hôpital. L’article contenait les noms de certains médecins et d’autres personnes impliquées dans la pratique. En conséquence, le Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC) a intenté une action en justice contre les auteurs présumés des cas de corruption. L’article de Boukari lui a également a été reconnu deuxième meilleur article anticorruption lors de l’édition 2019 des Prix Anti-corruption du REN-LAC.

La MFWA, dans le cadre de son Programme de médias et de la bonne gouvernance demeure déterminée à soutenir et à renforcer les médias en tant que catalyseurs efficaces d’une gouvernance responsable et transparente dans la région. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet intitulé « Améliorer la participation des citoyens à la gouvernance et la demande de responsabilisation à travers une plate-forme de gouvernance et de dialogue efficace ».

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