Attentats terroristes à l’Est: L’ombre d’Abou Al-Walid Al-Sahraoui derrière les attaques

Beaucoup voit derrière ces attaques à l’Est du Burkina Faso, la main de Abou Al-Walid Al-Sahraoui, bras droit de Al Bagdhadi. Abou Al-Walid Al-Sahraoui est un des chefs de guerre de la branche de l’Etat islamique ou Daesch dans le Grand Sahara. Il disputait dans un passé récent, la région de Ménaka avec le General Gamou, commandant de la Coalition MSA/GATIA, alliés de Bamako. Ce chef terroriste compte des centaines de combattants, spécialisés dans les attentats, des embuscades et la pose d’engins explosifs. Dans le mois de mars 2018, il aurait subi un revers infligé par la Coalition MSA/GATIA. L’homme qui aurait été blessé au cours des combats s’est réfugié dans l’Est du Burkina Faso. Cette annonce coïncide curieusement avec une recrudescence des attaques contre les Forces de défense et de sécurité.
Après une de nombreuses tentatives, les terroristes ont réussi à atteindre les forces armées nationales. Alors qu’on l’attendait le moins, cinq gendarmes d’escorte d’un convoi de la compagnie minière de Belahourou tombent dans une embuscade des terroristes. Leur véhicule a été explosé par un engin explosif posée par les terroristes. Le mode opératoire n’est pas nouveau, mais c’est la première fois que cela se passe dans l’Est du pays. C’est dans le Sahel que ce mode opératoire était le plus fréquent. Plusieurs militaires y ont perdu la vie. Cependant, depuis plusieurs mois, l’armée semble avoir adapter ses opérations à cette menace. Coincé dans le Soum, la pieuvre s’est déplacée dans l’Est du pays. Cette partie est en proie à de violences depuis le milieu de l’année. Des terroristes ont attaqué à deux reprises des postes de gendarmerie. Des équipes mobiles ont été harcelées. Toutes leurs tentatives ont échoué grâce à l’anticipation et à l’amélioration du renseignement des forces de sécurité. L’armée burkinabé a mené du 19 au 27 avril 2018, une opération de ratissage de grande envergure qui a permis le démantèlement des groupes terroristes de leurs bases, la saisie de matériels importants et l’arrestation de plusieurs suspects. Le chef d’Etat-major des armées avait annoncé que « les forces armées nationales ont conduit des opérations de bouclage le long de la bande frontalière Nord du territoire. Ces opérations ont permis l’interpellation d’une centaine de personnes suspectes, l’arrestation d’individus recherchés ainsi que la neutralisation d’engins explosifs ». Selon l’Etat-major, le même type d’opération a été mené à l’Est, dans les forêts de Nakotougou et Foutouri. Cette opération qui s’est déroulée simultanément dans le Sahel et dans l’Est avait permis d’anticiper sur les projets des terroristes et d’annihiler leurs capacités de nuire. C’est ainsi que Oumarou Hassan dit Warankess, un des grands terroristes, qui figurent sur la liste des personnes recherchées, a été neutralisé. Ce natif de la localité de Gandefabou Djelgobé dans la province de l’Oudalan fut arrêté dans la localité de Déou. Il ferait partie de la bande armée de Boly Hamadoun et de ses frères réputés dans les attaques à mains armées dans la région du Sahel. Il avait été identifié comme complice dans l’enlèvement du docteur vétérinaire Idrissa Ousseini dit Dr Ben, en mai 2017. Oumarou Hassan dit Warankess serait l’agent de renseignement des groupes terroristes. Dans la même ville de Deou dans l’Oudalan, Sita Amadou dit Angha de profession commerçant domicilié à Souringo, localité située au Nord-Ouest de Gandefabou Djelgobé fut arrêté par l’armée burkinabé. Cet homme d’affaire connu dans la localité et très influent travaillait étroitement avec la bande à Oumarou Boly dit Oumy et avec groupe branche de l’Etat islamique dans le Grand Sahara Ansardine Gourma-Rahrouss. Il faisait aussi la navette entre Deou et la localité de N’daki et Gossi dans la région de Gao au Mali.
L’Etat islamique dans le Grand Sahara veut l’Est comme base
L’Est du Burkina Faso est depuis quelques mois dans le viseur des groupes terroristes pour implanter leurs bases en plus du Sahel. La zone était réputée pour être un repère des grands bandits. Aujourd’hui, bandits et terroristes se côtoient dans la région. Selon des sources nigériennes et mauritaniennes, des chefs terroristes se replient fréquemment dans la région du Gourma. En mars 2018, un haut responsable de l’armée nigérienne avait déclaré que le chef de l’Adnan Abou Al-Walid Al-Sahraoui, traqué par la Coalition MSA/GATIA a été blessé au cours des derniers combats la région de Menaka pour se réfugier dans le Gourma. Les combattants du Groupe d’auto-défense touareg Imghad et alliés (Gatia) de Gamou et ceux du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) se sont unis contre la branche de l’Etat islamique dou daesch dans le Grand Sahara. C’est ainsi qu’ils ont traqué et tué des chefs influents dont Djibo Hamma alias Abou Razak et Almahmoud Ag Iddar alias Mokossi, n°3 de l’Organisation de l’Etat islamique au Sahel. Mais, leur chef, Abou Al-Walid Al-Sahraoui a réussi à s’échapper avec quelques hommes pour trouver refuge dans le Gourma. L’information avait été donnée par un haut responsables militaire nigérien. Ce groupe affilié à Iya Ag Ghali menait ses opérations dans la région de Menaka et à la frontière Mali-Niger. Il opère dans la zone d’Ansongo et Ménaka, au Mali, mais il mène aussi des attaques au Burkina et au Niger. Le 1er septembre 2016, il a revendiqué l’attaque du poste de douane à Markoye, au cours de laquelle un civil et un douanier avaient été tués. Et le 17 octobre de la même année, au Niger, son groupe a tenté d’attaquer la prison de Koutoukalé, où sont enfermés de nombreux djihadistes. Les autorités nigériennes lui attribuent les attaques contre les forces nationales et étrangères (armées maliennes et nigériennes, soldats américains, français et casques bleus de la MINUSMA) dans cette région et ses environs et les nombreuses embuscades dont celle qui a coûté la vie aux soldats américains déployés aux côté du Niger. Ces attaques étaient marquées par la pose d’engins explosifs ou des opérations kamikazes. Depuis sa fuite vers l’Est du Burkina Faso, les embuscades et les attaques auraient baissés dans la région de Menaka. « Constatant ses multiples revers militaires, Sahraoui a changé de stratégie, toujours selon ce responsable nigérien. Ainsi, craignant d’autres affrontements avec les combattants de la Coalition, il utilise actuellement les communautés pour les mettre dos à dos afin de créer des tensions pouvant déboucher sur une guerre civile. Ce qui explique le nombre élevé de civils ayant trouvé récemment la mort dans la région de Ménaka et ses environs. C’est donc à travers cette politique de la terre brûlée qu’Al-Sahraoui tente de piéger la Coalition MSA/GATIA déterminée à poursuivre ses opérations de lutte contre le terrorisme et de sécurisation des personnes et de leurs biens dans la région de Ménaka et ses environs » avait déclaré un responsable nigérien.
ARN
Qui est Adnane Abou Walid Al-Sahraoui, chef de Daesch au Sahara ?
Adnane Abou Walid Al-Sahraoui est né Lehbib Ould Ali Ould Saïd Ould Joumani, à la fin des années 1970, à Laâyoune, capitale du Sahara occidental. Lehbib Ould Ali Ould Saïd Ould Joumani se livre au commerce avec la population de l’Azawad malien, où il s’imprègne de la doctrine islamiste. Al-Sahraoui rejoint les djihadistes et en 2012, au début de la guerre du Mali, il est porte-parole du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’ouest (Mujao), groupe salafiste armé issu d’une scission d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. En août 2013, ce groupe fusionne avec Les Signataires par le sang, pour former Al-Mourabitoune, sous le commandement de Mokhtar Belmokhtar, dit « Le Borgne ». Deux ans plus tard, le 13 mai 2015, Al-Sahraoui signe un communiqué dans lequel il prête allégeance à l’État islamique. Il appelle les autres groupes « et tous les musulmans à se regrouper autour de l’État islamique et à défendre le califat ». Mais, deux jours plus tard, Mokhtar Belmokhtar qualifie ce communiqué de « violation ». « Il n’émane pas du Conseil de la choura », affirme « Le Borgne », qui renouvelle son allégeance à Al-Qaïda et Ayman al-Zawahiri. Al-Sahraoui baptise alors son groupe « État islamique dans le Grand Sahara », qui n’est toujours pas reconnu officiellement par le califat.
Source : L’hebdomadaire français « Le Point »

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