Le civisme sera-t-il perpétuellement à l’épreuve ?

Deux événements survenus au mois de janvier à Ouagadougou et à Koudougou ont fini de convaincre certains sceptiques que l’incivisme a toujours de beaux jours devant lui au Burkina Faso. Le 16 janvier 2018, des élèves de la ville de Koudougou ont mis le drapeau en berne pendant une manifestation au gouvernorat. C’est la méthode choisie pour-disent-ils- exprimer leur mécontentement face à la crise qui secouait le secteur de l’éducation suite au bras de fer qui opposait la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE) et le gouvernement.

Le 18 du même mois, une session extraordinaire du conseil municipal de la commune de Ouagadougou a été perturbée à la mairie centrale par les conseillers des groupes municipaux de l’opposition que sont l’UPC et le CDP. Les manifestants munis de sifflets se sont adonnés à un vacarme digne d’un carnaval à travers des coups de sifflets intempestifs et stridents, des cris et des gesticulations. Pour couronner le tout, les documents de la session ont été déchiquetés et réduits en lambeaux. Rendant ainsi la salle de réunion méconnaissable.

C’est « l’argument »( ?) ou le moyen trouvé par l’opposition pour empêcher la tenue de la  session extraordinaire du conseil municipal qui devait examiner deux  projets de délibération portant respectivement révision des seuils d’approbation des résultats des travaux des commissions d’attribution des marchés et des seuils d’autorisation des conclusions des marchés par la procédure d’entente directe.

Chaque entité s’est évertuée à justifier à sa manière ses actes et ses réactions. Mais il reste que quels que soient les motifs ou les raisons, nul n’avait le droit de servir de tels spectacles dans ce contexte post-insurrectionnel.

Qu’est-ce qui est venu à l’idée d’élèves à traiter de la sorte les couleurs nationales du pays ?  Pourquoi des conseillers municipaux, tous majeurs ont-ils eu l’idée de se comporter de la sorte dans l’enceinte d’une institution de collectivité qu’est la mairie? Ces manifestants voudraient inoculer le virus de la voyoucratie dans l’hôtel de ville qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Mais quel intérêt a-t-on à blasphémer ou à profaner ce qui est censé être le symbole de l’unité ou du nécessaire vivre ensemble ? Serait-ce juste pour des selfies(photos) ou pour les caméras et flash des medias( certains conseillers n’avaient-ils pas pris le soin de prévenir des medias afin qu’ils puissent se rendre sur les lieux pour être témoins de leur show)!

Mais de tels faits ne sauraient grandir leurs auteurs. Bien au contraire! Car de tels agissements révèlent le niveau de civisme ou d’incivisme de ceux qui les déploient.

L’Etat de droit -auquel chaque burkinabè doit se sentir acteur de plein droit dans le processus de sa construction- a consacré des libertés notamment celles de manifester. Et l’exercice de ces libertés et de certaines prérogatives est encadré par des textes à l’image du code général des collectivités territoriales pour ce qui concerne le fonctionnement des conseils municipaux. Si aujourd’hui, des voix se lèvent pour réclamer plus de civisme dans le pays, c’est parce que chacun est conscient du péril qui guette éventuellement le pays si d’aventure chacun en venait à bafouer les valeurs sur lesquelles reposent la République.  Parce que personne n’en sortira vainqueur même pas les adeptes et autres promoteurs de la chienlit qui n’entendent pécher qu’en eau trouble.

Chaque burkinabè qui qu’il soit doit s’enorgueillir d’être un acteur qui travaille à hisser à sa manière le pays dans le concert des nations respectables. A contrario, personne ne devrait se sentir digne d’être l’auteur d’actes  condamnables, dégradant et déshonorant pour sa patrie. Il ne s’agit pas là d’une exigence d’éducation ou de patriotisme. C’est juste une simple question de bon sens !

Mutations

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