Frappes occidentales en Syrie: La guerre des intérêts économique en marche

Malgré les mis en garde sur les risques d’escalades dans la région, Washington, Londres et Paris ont frappé nuitamment la Syrie. La Russie et la Syrie, ainsi que l’Iran ont qualifié ses attaques d’une agression criminelle. Cette attaque n’a pas surpris l’opinion d’autant que le ton est monté ces derniers jours du côté de Washington et de ses alliés ainsi que du prince héritiers Mohamed Ben Salamane.

Selon la Russie, les frappes ont été faites pour freiner le travail des enquêteurs dépêchés par l’Onu dans la Ghouta Orientale, pour vérifier les faits reprochés au régime syrien sur une présumé attaque chimique qui aurait fait 75 morts dont des enfants. La Russie et le gouvernement syrien ont toujours rejeté ses accusations et dénoncent une mise en scène de la part de Londres et Washington. Paris et Washington se sont basés sur des vidéos diffusées ou rapportées par des casques blancs ou par l’organisation syrienne des droits de l’homme dont le siège est à Londres pour soutenir la thèse d’une attaque chimique. Pourtant comme le disent les scientifiques, dans une enquête, une chose est de montrer, une autre est de démontrer. Ce qu’aucun expert n’a fait pour le moment. Les services de renseignements français ont même indiqué qu’ils étaient dans l’impossibilité de confirmer les faits. Moscou indique que ses spécialistes ont investigué et n’ont trouvé aucune trace d’utilisation d’armes chimiques. Des vidéos de probables mises en scènes ont été montrées à l’opinion. Pour Damas et Moscou, cette mise en scène est l’œuvre des services de renseignement britanniques. « Ce n’est pas une attaque contre la Syrie, mais une attaque contre le droit international. Ils adorent scénariser les mort d’enfants et ils empêchent les civiles de fuir les bombardements parce qu’ils les utilisent comme des boucliers. »  On voyait les choses venir depuis que les occidentaux sont en difficulté sur le terrain. Ils ont perdu la guerre en Syrie. Ils ne veulent plus perdre la face et le fric. L’entrée en guerre aux côté de la Syrie a compromis le plan des occidentaux et leurs alliés dans la région. Les occidentaux espèrent revenir dans le jeu, dans lequel, ils ont été écartés. Les anglo-saxons et la France ont été écartés des négociations de paix depuis les pourparlers d’Astana qui ont réuni les Russes, les Iraniens et les Turcs. L’occident a été donc mis à la touche. Ce qui est inacceptable pour plusieurs raisons dont les plus importantes sont les marchés de reconstruction de l’après-guerre, la perte de l’influence des puissances occidentales dans la région et la perte de confiance auprès de leurs partenaires saoudiens, qataris, et israéliens. On a pu voir qu’immédiatement après les frappes, les chancelleries occidentales ont appelé à des négociations et à un retour à de concertations élargies. Il y a d’autres raisons, non moins importantes qu’il faut prendre en compte. Aux Etats-Unis, on est aux élections de mi-mandat. Les Républicains ont besoin de rassurer l’opinion américaine dont la majorité commence à avoir de la sympathie pour Poutine du fait de son audace et son charisme. Trump apparaît comme un nain au pied du président russe. Les conservateurs veulent montrer que les Etats-Unis demeurent la plus grande puissance. Il faut aussi prendre en compte la situation intérieure aux Etats-Unis notamment les supposées collusions entre les Trump et Poutine et les élections. Trump cherche à satisfaire son électorat composé surtout des groupes financiers, des néo conservateurs, et de l’extrême droite, très inclinés sur « USA Power ». Trump a trouvé une oreille attentive auprès des puissances européennes qui voulaient redorer leur blason auprès de leurs peuples, mais surtout auprès des groupes financiers qui les ont soutenus et financer leur élection. Pourtant, depuis l’aventure libyenne, les Russes ont toujours fait barrage aux velléités expansionnistes, impérialistes des oligarques occidentaux qui sont dans une logique de contrôle des ressources du monde. La première confrontation s’est produite aux portes de la Russie. Sur le dossier ukrainien, la Russie a coupé l’herbe sous les pieds des occidentaux en mettant en échec leur projet d’encerclement de la Russie.

Trump, Macron et  May : les marionnettes d’un système

Le milliardaire de la Maison blanche n’est donc pas un malade mental, mais un oligarque qui avance des pions d’une nouvelle Amérique. Cette Amérique qui reproche à Barack Obama d’avoir laissé le terrain pendant longtemps à Vladmir Poutine et à la Chine.  Trump ouvre alors les fronts partout, avec la Chine sur les importations, qu’il menace de frapper avec plus de taxes. Pour le Mexique, c’est la question migratoire qui oppose les deux voisins.  Trump en arrivant à la Maison blanche s’est vu confier  le plan du nouvel Orient que son prédécesseur n’a pas pu concrétiser. Le plan du nouveau Moyen-Orient conçu pendant des années par des néoconservateurs anglosaxons et israéliens appuyés par l’Arabie Saoudite fut un échec. Des intérêts financiers importants ont alors pris un sérieux coup, un arrêt tout simplement. Les principaux responsables, c’est bien sûr les Russes. Vladmir Poutine en s’engageant auprès du gouvernement syrien de Bachar Al Assad a stoppé net toutes les ambitions stratégiques, militaires, et financières des Occidentaux et leurs alliés au Proche et au Moyen- Orient. Il faut savoir que depuis la chute du mur de Berlin en 1989, les dirigeants politiques sont à la remorque des groupes financiers internationaux. La plupart des présidents et les élus doivent leurs mandats à ces multinationales qui détiennent les banques, les médias, les complexes militaro-industriels. Ils ont réussi à créer des multitudes des organisations de la société civile qu’ils financent par des sommes colossales. Les multinationales et la finance ont pris en otage les centres de décisions, les sénats, les assemblées nationales en un mot la démocratie. Le vote est devenu une illusion. Ce sont eux qui gouvernent le monde, en réalité. Pour parvenir à leurs fins, il y a les armes ou les dettes. Et lorsque les projections ou les projets sont menacés, entrent en scène les intellectuels, les politiciens et les organisations de la société civile, parfois des leaders religieux. En réalité, ce qui se passe en Syrien est une lutte pour le contrôle des gisements pétroliers, et autres marchés. Ce n’est pas pour rien que Londres a monté cette histoire de d’empoisonnement de l’ex espion par du novitock produit uniquement par la Russie. La puissante City de Londres traverse actuellement une crise, avec le mouvement des oligarques russes échafaudées par les hostilités occidentales. La finance a surtout peur que le repositionnement de la Russie, avec la naissance de deux blocs ne vienne perturber l’ordre financier actuel. Ces magnats de l’économie ont un plan. Mais lequel et jusqu’où peuvent-il aller ? La crise syrienne n’est pas seulement une affaire de la Syrie, c’est une affaire internationale qui doit inquiéter le monde entier. En engageant le monde dans cette aventure guerrière, sans l’aval de l’ONU, le risque d’une confrontation entre des grandes puissances n’est plus à écarter. Cette bataille pour le contrôle des ressources menace la paix mondiale, déjà fragile. Les peuples ont pris au sérieux la menace et partout en Europe des populations ont manifesté dans les rues, pour s’opposer à cette guerre qui se profile. Ces manifestants demandent la fin de la souffrance du peuple syrien. L’axe Washington-Londres-Paris a violé le droit international ce qui pose aujourd’hui et depuis toujours l’utilité même de ce supposé droit international.

                                                                                                          Abdoul Razac Napon

Deux poids, deux mesures

Selon l’Axe Washington-Londres-Paris, et les pays de l’OTAN, la violation du droit internationale qui dispose que toute intervention dans un Etat souverain doit d’abord avoir l’aval de l’Onu était obligatoire, du fait des nombreux vétos russes. Mais, ce même véto est brandi par les Etats-Unis à chaque résolution condamnant Israël.  Depuis sa création, le régime d’Israël a toujours refusé d’appliquer les résolutions de l’ONU et continue ses guerres incessantes contre les peuples de la région, dont le massacre des Palestiniens, l’annexion de leurs terres et le refus du retour des exilés. Il viole à sa guise le territoire syrien et libanais. De son côté la dictature saoudienne favorise au travers de réseaux religieux et associatifs le développement de l’idéologie extrémiste, violentes sur laquelle s’appuient des bandes armées mafieuses pour justifier leur « djihad ». A la tête d’une coalition de plusieurs pays, les Saoudiens ont plongé le Yémen dans un conflit sanglant qui tue quotidiennement des milliers. Le royaume finance des groupes qui sévissent en Afrique de l’Ouest, notamment au Sahel. Au Yémen, les dirigeants saoudiens ont commis des crimes odieux, avec des armes et des munitions achetées aux occidentaux. Les milliers de morts d’enfants, des blessés et d’orphelins de guerre yéménites n’émeuvent guère ces moralisateurs occidentaux. En réalité derrière toutes ces guerres vous retrouvez l’oligarchie des grands banquiers et des grands patrons qui organisent la destruction des États afin de s’approprier de « nouveaux territoires économiques ».

                                                                                                                                                                 ARN

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