La Ministre Laurence Marchal et les Zones inondables: L’exemple parfait d’un Etat qui n’est pas gouverné !

Etonnante. La ministre en charge de l’Action sociale et de la solidarité nationale Hélène Marie Laurence Ilboudo/Marchal a dressé une mise en garde à l’intention de certains de ses compatriotes qui squattent les zones dites inondables de la ville de Ouagadougou.

En effet, la ministre a adressé une correspondance datée du 27 juin 2018 au Maire de la commune de Ouagadougou avec comme objet : « Assistance humanitaire dans les zones inondables ».

«Depuis plus d’une décennie, les inondations sont récurrentes au Burkina Faso. Malheureusement, elles surviennent dans les mêmes zones « dites inondables » et affectent presque les mêmes populations qui bénéficient chaque année de l’assistance du Conseil national de secours d’urgences et de réhabilitation (CONASUR).

Je voudrais en ma qualité de présidente du  CONASUR, porter à votre connaissance que le CONASUR n’interviendra pas dans les zones inondables dûment identifiées pour la gestion des mêmes situations.

Je vous invite à faire une large diffusion de l’information afin que les populations de ces zones à risque prennent toutes les dispositions pour protéger leur vie et leurs biens.»

La ministre, à travers donc cette lettre de mise en garde s’en lave les mains en cas de survenance d’éventuelles d’inondations dans ces zones. Quelle manière simpliste de désengager la responsabilité de l’Etat face à ce qui peut être  considéré comme l’exemple parfait du laxisme et de la désinvolture de l’Etat et des gouvernements successifs!

Pourquoi ces zones inondables sont-elles toujours habitées alors qu’elles ont été identifiées comme à risque depuis plus de dix ans? Elles sont habitées aux yeux et à la barbe des autorités communales et gouvernementales. Toutes ces entités qui disposent de la force publique mais aussi du pouvoir de dédommagement et d’indemnisation, les observent toutes  avec résignation. A chaque saison hivernale donc son lot de sinistres  et de sinistrés. La situation perdure et sévit ainsi depuis plus de dix ans ; le paroxysme a été atteint le 1er septembre 2009 avec la pluie diluvienne qui s’est abattue dans la capitale burkinabè ce jour-là.

Après la gestion émotionnelle de la catastrophe de 2009, l’Etat et la mairie ont presque délaissé le dossier des zones inondables tant et si bien que les différentes recommandations qui tendaient à opérer le déguerpissement dans ces zones ont été rangées dans les tiroirs. On ne s’en souvient que lorsqu’un sinistre survient à nouveau. Point besoin d’être un devin pour réaliser que la mise en garde de la ministre de l’Action sociale qui intervient en fin juin c’est à dire en plein hivernage a été inspirée par le drame des eaux qui a touché Abidjan, la capitale ivoirienne en mi-juin.  Pourquoi le gouvernement qui veut se donner bonne conscience en demandant aux populations cibles de prendre «toutes les dispositions pour protéger leur vie et leurs biens » ne prendrait-il pas enfin ses responsabilités pour mettre fin au jeu de cache-cache? Cela doit passer d’abord par l’accompagnement des populations identifiées pour leur relogement dans des zones indiquées et ensuite par la répression contre les éventuels tricheurs qui viendraient à vouloir gruger l’Etat et demeurer illégalement dans leur ancienne zone. Cette solution ne devrait certainement pas donner du tournis à l’Etat qui n’a aucune peine pour souvent déguerpir et  déloger les orpailleurs qui exploitent illégalement des sites d’or qui seraient réservés à des concessionnaires étrangers. En principe! Sauf que l’Etat et ses entités décentralisées trainent une lourde responsabilité dans le domaine pour avoir autorisé l’implantation de certaines infrastructures dans ces mêmes zones. Il faut observer  l’occupation de l’espace compris entre le terrain de René Monory et le siège du FESPACO pour comprendre la faute, voire la faillite de l’Etat.

Il est inconcevable de faire payer aux populations les turpitudes des politiques de l’Etat en matière de gestion de ces questions. Et exclure par avance de potentiels sinistrés de la solidarité gouvernementale n’est ni plus ni moins qu’une forme de discrimination à laquelle tout Etat et gouvernement responsables devraient s’en garder. Cela étant dit, la ministre Laurence Ilboudo/Marchal sera tenue pour responsable d’un drame qu’elle a elle-même prévu mais se refuse à prendre les mesures responsables en amont.

Mutations

 

 

 

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