Pillage des pays africains : Le Ghana et la Côte d’Ivoire en légitime rébellion

Akufo Addo le Président Ghanéen fait preuve de nationalisme sur beaucoup de ses décisions

Mieux vaut tard que jamais ne dit-on ! La Cote d’Ivoire et le Ghana, les deux principaux pays producteurs de cacao au monde viennent d’entreprendre une initiative historique dans la perspective de défendre leurs intérêts commerciaux.

En effet, le Ghana et la Côte d’Ivoire qui réalisent à eux seuls 65% de la production mondiale ont annoncé suspendre la commercialisation de la récolte de cacao 2020-2021 si elle n’est pas payée au minimum 2 600 dollars la tonne. Cette décision quasi inédite de deux producteurs qui excellaient jadis dans des considérations aux relents concurrentiels a surpris les acheteurs de cette matière première prisée en Europe. Et les résultats n’ont pas tardé à tomber car les prix ont commencé à grimper comme par enchantement. Le kilogramme de cacao rapporte au producteur la modique somme de 750Fcfa actuellement alors qu’il pourrait être vendu à plus de 1000Fcfa.

Selon les statistiques, les producteurs du cacao du continent africain qui se tuent à la tâche ne bénéficient que d’à peine 6% du revenu total de ce produit. A l’instar des autres ressources et matières premières produites en Afrique, le secteur du cacao pue l’arnaque. Tenez, certains industriels qui utilisent le cacao comme matière de base reconnaissent eux-mêmes que le cacao coûte moins cher chez le producteur! C’est le cas du PDG du chocolatier français Cémoi qui a confessé que « le cacao est une matière première qui n’est pas assez chère ». Il a fallu brandir la menace de suspension de la production pour que ces industriels se rendent compte qu’ils peuvent et doivent arrêter de piller les producteurs en augmentant le prix.

La prise  de conscience n’est pas tôt venue mais ne dit-on pas qu’il y a un début à tout?  C’est en cela que l’initiative du Ghana et de la Cote d’Ivoire de mettre la pression sur leurs « partenaires » commerciaux est à saluer. C’est une preuve de courage car ces pays ne pouvaient pas se saigner indéfiniment et clochardiser ses producteurs au profit des multinationales qui font des bénéfices exorbitants. Certes, ces deux producteurs «rebelles» risquent de subir des représailles pour avoir voulu oser influencer le cours mondial du Cacao mais il ne faut jamais regretter cette action dont la portée n’est pas comparable aux fameux accords de partenariat économique qui lèsent les pays africains. Pendant longtemps, l’Afrique s’est laissée piller par des marchands sans vergogne qui n’ont d’yeux que pour leurs intérêts.

Les autres pays producteurs de ressources minérales ou de matières premières doivent s’inspirer de l’initiative du Ghana et de la Côte d’Ivoire s’ils tiennent à tirer profit de l’exploitation de leurs ressources. C’est en cela qu’un pays comme le Burkina Faso est interpellé. Ce pays producteur de coton, d’or et exportateur de bétail peine toujours à retrouver ses marques. En dépit de l’importance de ses produits d’exportation, le pays traine toujours les pas en matière de développement et d’épanouissement de sa population. La principale raison est qu’il n’est maître de rien. Les prix sont fixés par les acheteurs et souvent en total déphasage avec la loi du marché. Le cas du coton est très pathétique. Le Burkina Faso qui est classé 4e producteur africain pour la saison 2018-2019  après avoir occupé la première place à la saison 2016-2017 n’arrive pas à fixer des prix intéressants pour ses producteurs. Il subit la fixation unilatérale des prix par ses «partenaires». Il n’est pas étonnant de voir que de nombreux grands producteurs ont tourné le dos au coton et on se demande pourquoi les cinq (05) premiers producteurs ne se concerteraient-ils pas pour peser sur le cours mondial de la fibre textile.

Ceux qui en doutent encore peuvent se rassurer : l’Afrique amorcera son développement lorsque ses pays seront les maîtres du jeu du commerce de leurs produits. Le Ghana et la Côte d’Ivoire viennent de faire la démonstration que ce n’est pas impossible. Il suffit de s’armer de courage et de lucidité pour faire plier ces négriers d’un genre nouveau qui sont prompts à spolier l’Afrique et à maintenir son peuple dans la misère. Oui. Le réveille est encore possible! Il suffit juste de prendre conscience et ses responsabilités.

Mutations     

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