Rentrée judiciaire 2017 : Vider le passif judiciaire

La rentrée judiciaire est effective depuis le 2 octobre 2017. Les autorités et les acteurs du monde judiciaire ont effectué cette rentrée solennelle sous le thème « Rapports entre les juridictions communautaires africaines et les juridictions nationales ». Jamais une année judiciaire n’aura été aussi attendue que celle qui commence en ce moment, tant l’impatience et l’anxiété gagnent progressivement les esprits quant à la tenue de certains  procès.

Il n’est un secret pour personne que les nombreux dossiers emblématiques qui se sont amoncelés dans les tiroirs de la justice commencent à peser lourd sur la vie de la nation.  Les dossiers judiciaires à l’image de celui de Thomas Sankara et de ses compagnons ainsi que celui de Norbert Zongo et de ses compagnons, tous  rouverts en 2015 à la faveur de la Transition attendent le dénouement final. Il en est de même pour les dossiers de l’insurrection populaire et du putsch de septembre 2015 qui sont toujours en souffrance dans les tiroirs de la justice.

Certes, nul doute de la complexité de ces dossiers au regard de leur nature, de leur temps de datation et de leurs implication.  Mais il y a lieu de noter que l’attente de la justice devient de plus en plus longue.  C’est en cela que la nouvelle année judiciaire va tenir une bonne place dans les agendas de l’opinion et des justiciables en ce sens qu’elle doit être l’année des procès.    Il devient un impératif pour la justice (militaire ou classique) de vider dans les meilleurs délais et pourquoi pas au cours de cette année judiciaire 2017-2018 le passif judiciaire qui hante la société et la république.

Cet objectif pourrait paraitre ambitieux au regard du volume et du caractère  criminel de ces différents dossiers mais le pays doit éviter de trainer continuellement des passifs judiciaires qui polluent le climat social et freinent les leviers de son développement. Les procès sont d’autant nécessaires parce qu’ils permettront de situer chacun-surtout les mis en cause-sur son rôle et ses responsabilités par rapport aux événements douloureux qui ont marqué le pays.

Et cette clarification engage au plus haut point tous  les acteurs judiciaires (magistrats, greffiers, gardes de sécurité pénitentiaire…) qui doivent faire montre d’une conscience professionnelle irréprochable dans la gestion de ces dossiers. C’est dire que la justice en cette rentrée fait face à deux  défis majeurs à savoir la tenue effective des procès et la garantie que ces instances revêtent le sens de procès équitables qui respectent aussi bien les droits des accusés, tout en rendant justice aux victimes en effaçant les larmes de leur famille.

Cette année judiciaire est aussi attendue par les nombreux justiciables qui ont suivi avec intérêt les travaux de la Comission d’enquête mise en place par le Conseil supérieur de la magistrature pour enquêter sur les magistrats épinglés dans des dossiers de corruption. C’est initiative louable et opportune à tout point de vue risque de prendre du bémol si une suite judiciaire n’est pas donnée aux conclusions de l’enquête. Le Conseil de discipline de la magistrature doit être impérativement saisi pour statuer sur le sort de ceux-là qui qui ont dû marchander leur « intime conviction » d’une manière ou d’une autre pour sceller le sort des procès.

En attendant que les conclusions du rapport de la commission -qui sont toujours jalousement gardés en secret pour des raisons qui ne résistent pourtant pas à la critique- soient rendues publiques et qu’on soit situé définitivement sur les comportements de certains juges qui ont souillé leur toge, on ne peut que rester pantois face à certaines révélations.

Et souvent, on est enclin à se demander par extrapolation,  que si certains juges n’ont pas craché sur les billets ou le ciment de pauvres justiciables en détresse, quel comportement de tels acteurs pourraient avoir face au « harcèlement » et propositions de certains milliardaires qui sont actuellement en conflit avec la loi.

Bref, c’est dire à quel point cette rentrée est importante non seulement pour les justiciables mais aussi pour l’institution judiciaire qui doit affirmer et exercer son indépendance en toute responsabilité.

Mutations 

 

 

 

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