Waru Daaru Sahel ou le festival de la résilience

Les initiateurs du festival (de gauche à droite), Korgo Harouna, Boukaré Kiemtoré, Hamidou Zoungrana, devant l’entrée principe du site d’expostition

Initié par l’Association des jeunes commerçants émergeants du Sahel, le Festival Waru Daaru Sahel a tenu du mercredi 18 au dimanche 22 décembre 2019 sa troisième édition. Comme à l’accoutumée, c’est sur la ville de Dori que les organisateurs ont jeté leur dévolu pour vanter le Sahel à travers ses différentes potentialités. Une initiative qui mérite une attention particulière en ces temps d’insécurité ou le Sahel semble être de plus en plus abandonner.

Avec la situation sécuritaire difficile, c’est une prouesse que de tenir un festival sur plusieurs jours dans la région du Sahel. Porté par des jeunes commerçants, le Festival Waru Daaru Sahel, « venez connaitre le Sahel » en français, est à son troisième exercice. Et la présente s’est tenue autour du thème : « Contribution des enfants et des jeunes à la promotion de la cohésion sociale et de la paix au Burkina Faso ». Selon le président du comité d’organisation, Boukaré Kiemtoré, ce thème se positionne comme une invite au respect des droits de l’enfant et un appel aux enfants de s’approprier leurs droits. « A travers ce thème, des élèves ont été appelés à se prononcer sur des questions en lien avec la cohésion sociale et la paix au Burkina Faso en y apportant des solutions », soutient-il. Le festival bénéficie du soutien de plusieurs partenaires tels que le PNUD, l’ONATEL, la Société internationale Africa Prestations (SINAP-Burkina). Des partenaires que le président du comité d’organisation n’a pas manqué de saluer pour leur accompagnement technique et matériel.

Selon Harouna Korgo, membre du comité d’organisation, cette initiative des commerçants émergents ambitionne travailler pour la cohésion et la compréhension entre les citoyens pour construire une paix durable au Burkina Faso. « Vraiment les gens sont sortis. Nous-mêmes, on ne s’attendait pas à avoir autant de personnes à ce festival. Vous–même, vous voyez, c’est une grande foule. On a été séduit par cette mobilisation. Tous ceux qui viennent apprécient », a-t-il confié.

Son collègue Hamidou Zoungrana explique sa petite histoire avec la région. « C’est le 11 Décembre 2013 à l’occasion de la célébration de la fête de l’Indépendance à Dori que j’ai connu le Sahel du Burkina. Avant cette période, je ne connaissais pas le Sahel. J’avais une idée fausse sur le Sahel. Mais quand j’ai participé à la foire du 11 Décembre 2013 ici à Dori, j’ai compris que le Sahel était un lieu où il fait bon vivre, un lieu avec beaucoup de potentialités. C’est pourquoi nous avons estimé qu’il faut créer ce festival pour servir de cadre de promotion du Sahel, de ses potentialités, de ses produits. C’est pour appeler tous ceux qui ne connaissent pas le Sahel et qui ont des idées négatives sur la région de venir connaitre le Sahel dans toute sa splendeur », a indiqué le jeune commerçant Hamidou. Tous les membres du comité d’organisation reconnaissent que cette troisième édition a été un franc succès. « Cette année, c’est plus qu’un succès parce que nous avons beaucoup hésité sur la tenue du festival à cause de la situation sécuritaire pas trop reluisante dans la région, surtout avec le couvre-feu. Après les échanges, nous avons décidé de tenir le festival car surseoir à cette édition, c’est abandonner le Sahel ou le pays. Nous avons voulu par cette activité donner un peu de joie aux populations du Sahel en leur offrant ce cadre festif », a-t-il laissé entendre. « La population s’est beaucoup mobilisée. Les cent stands que nous avons prévus n’ont pas suffi car la demande était forte », confient les initiateurs du Festival.

Dori, une belle cité malgré les stéréotypes

Une vue de quelques produits exposés au festival Waru Daaru Sahel

La cérémonie d’ouverture de ce 3è Festival Waru Daaru Sahel a eu son éclat rehaussé par la présence de l’Emir du Liptako. Le grand chef coutumier de Dori a salué et félicité les initiateurs de ce Festival pour le choix porté sur sa ville et sa région. Pour lui, ce festival est un creuset de promotion de la culture de la région, des potentialités du Sahel qui, « malgré les stéréotypes et les préjugés, reste une région comme toutes les autres avec ses spécificités, ses beautés, ses difficultés mais aussi ses belles qualités ».

Réagissant sur le thème, le chef de Dori le trouve d’actualité et d’une importance capitale surtout avec la situation difficile marquée par l’insécurité qui frappe la zone et plusieurs autres localités du pays. « Nous invitons les populations à adopter une posture de résilience et à collaborer franchement avec les forces de défense et de sécurité pour qu’ensemble nous puissions mettre fin au cycle de violence. Les jeunes constituant plus de 60% de notre population, ils peuvent fortement participer à la consolidation de la paix et de la cohésion sociale dont notre peuple a le plus besoin par ces temps qui courent », a-t-il noté dans son mot à l’assistance.

Du côté du comité d’organisation, l’on se dit prêt à rééditer l’exploit de 2019 toutes les fois qu’il aura l’autorisation des autorités communales. Le festival compte également se déporter dans d’autres localités de la région du Sahel.

Mutations

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